Du 26 juillet au 1er août 2026, l’Organisation Interprofessionnelle Agricole de la filière Gingembre et Curcuma de Côte d’Ivoire (OIA Gingembre et Curcuma) a participé à une mission de renforcement des capacités au Centre Songhaï de Porto-Novo, en République du Bénin.
Cette mission, financée et organisée avec l’appui du Fonds Interprofessionnel pour la Recherche et le Conseil Agricoles (FIRCA), s’inscrit dans la volonté de l’OIA de renforcer les compétences des acteurs de la filière et de préparer les conditions d’un développement plus performant et durable de la production de gingembre et de curcuma en Côte d’Ivoire.
À travers cette immersion pratique, l’objectif était de permettre aux participants de découvrir, d’expérimenter et de mieux maîtriser des techniques directement applicables dans les exploitations ivoiriennes, depuis la préparation des sols jusqu’à la transformation et la valorisation des produits.
Dix acteurs et personnes ressources mobilisés
La mission a réuni dix (10) participants, représentant plusieurs maillons stratégiques de la chaîne de valeur :
- six producteurs ;
- un transformateur ;
- un commerçant ;
- le Directeur Exécutif de l’OIA Gingembre et Curcuma ;
- un membre de l’équipe de recherche agronomique sur le gingembre de l’Université Nangui Abrogoua (UNA), également Responsable du Pôle Formation et Développement des Cultures de l’OIA.
La participation de la Chargée de Filière Gingembre du FIRCA a également permis de renforcer les échanges entre les acteurs de terrain, la recherche et l’institution d’appui au développement agricole.
Cette diversité des profils constituait un atout majeur pour favoriser une approche intégrée de la chaîne de valeur et faciliter, à terme, la diffusion des connaissances acquises auprès des différents acteurs de la filière.
Des acquis techniques directement applicables
La formation dispensée au Centre Songhaï a été essentiellement pratique et a couvert plusieurs dimensions essentielles de la production et de la valorisation du gingembre et du curcuma.
Les participants ont notamment renforcé leurs connaissances et leurs compétences dans les domaines suivants :
Préparation des sols et pépinières : techniques de préparation et d’aménagement des parcelles, mise en place des pépinières et conduite des plants.
Production et entretien des cultures : bonnes pratiques culturales, suivi des cultures et amélioration des opérations techniques.
Fertilisation : principes de nutrition des plantes et adaptation de la fertilisation aux besoins des cultures.
Irrigation : maîtrise de l’utilisation de l’eau et techniques d’irrigation adaptées aux exigences des cultures.
Analyse technico-économique : évaluation des charges de production, des rendements, des coûts, des revenus et de la rentabilité des systèmes de production.
Gestion post-récolte : bonnes pratiques de récolte, manutention, conservation et réduction des pertes.
Transformation et valorisation : possibilités de transformation du gingembre et du curcuma et création de valeur ajoutée à partir des productions agricoles.
Ces acquis constituent une base importante pour améliorer progressivement les pratiques de production et renforcer la compétitivité des exploitations ivoiriennes.
La découverte de nouvelles variétés de gingembre
La mission a également permis aux participants de découvrir de nouvelles ressources variétales de gingembre, notamment les variétés communément désignées « Américaine » et « Nigériane ».
Cette découverte ouvre des perspectives intéressantes pour la diversification du matériel végétal disponible en Côte d’Ivoire.
L’OIA entend, en collaboration avec les institutions de recherche et ses partenaires techniques, notamment l’UNA et le FIRCA, contribuer à leur caractérisation et à leur expérimentation dans les différentes conditions agroécologiques ivoiriennes.
L’objectif sera notamment d’évaluer leur comportement agronomique, leur potentiel de rendement, leur adaptation aux conditions locales ainsi que leurs caractéristiques technico-économiques et leur intérêt pour les différents débouchés de la filière.
Une première masse critique de compétences
Au-delà des dix bénéficiaires directs, l’un des principaux résultats de cette mission réside dans la constitution d’une première masse critique de compétences nationales sur le gingembre et le curcuma.
Ces compétences représentent un capital humain stratégique pour l’OIA.
Les participants ne sont désormais plus seulement des bénéficiaires d’une formation. Ils ont vocation à devenir des relais de compétences, capables de contribuer au transfert et à la vulgarisation des bonnes pratiques auprès d’autres producteurs et acteurs de la chaîne de valeur.
L’OIA envisage ainsi de capitaliser sur cette expérience à travers des actions de formation de proximité, des parcelles de démonstration, des expérimentations, des échanges entre producteurs et des actions de vulgarisation technique.
Une ambition forte pour la campagne agricole 2027
Cette mission intervient à un moment stratégique pour la filière.
L’OIA prépare en effet la campagne agricole 2027 avec l’ambition d’engager une nouvelle dynamique de production, fondée sur la professionnalisation des acteurs, l’amélioration des pratiques culturales, l’accroissement de la productivité et le développement de la transformation.
L’objectif à terme est de contribuer à faire progresser significativement le rendement national du gingembre, actuellement estimé autour de *9 tonnes par hectare, vers *au moins 30 tonnes par hectare.
Cette ambition devra être poursuivie de manière progressive et structurée, à travers l’expérimentation, la formation, l’accompagnement des producteurs et la diffusion des itinéraires techniques les plus performants.
L’amélioration de la productivité devra également être accompagnée par une meilleure gestion post-récolte, le développement de la transformation, la diversification des débouchés et une meilleure organisation de la chaîne de valeur.
Du renforcement des capacités à l’action sur le terrain
Pour l’OIA Gingembre et Curcuma, la réussite de cette mission ne sera véritablement mesurée que par sa capacité à produire des effets sur le terrain.
Les connaissances acquises au Centre Songhaï devront donc être adaptées aux réalités ivoiriennes, expérimentées, documentées puis diffusées à grande échelle.
L’OIA souhaite notamment faire des participants à cette mission des acteurs clés du processus de transfert de compétences qui sera engagé auprès des producteurs à partir de la campagne 2027.



